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    La bonne chanson - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Le soleil du matin doucement chauffe et dore. - Les seigles et les blés tout humides encore, - Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit. - L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit, - Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes, - Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes. - L'air est vif. Par moments un oiseau vole avec - Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec, - Et son reflet dans l'eau survit à son passage. - C'est tout.

    Mes prisons - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Rue Chaptal. Presque au coin de la rue Blanche, à droite en venant de Notre-Dame de Lorette. Une grille monumentale sur une cour pavée, menant au réfectoire de la pension L... A main droite, une petite porte donnant accès à l'intérieur de l'établissement, aux côtés de laquelle, accrochés, deux panneaux noirs portaient en lettres d'or les sciences et arts divers enseignés dans l'établissement.

    Romances sans paroles - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses. - De cette façon nous serons bien heureuses, - Et si notre vie a des instants moroses, - Du moins nous serons, n'est-ce pas ? deux pleureuses. - O que nous mêlions, âmes sœurs que nous sommes, - A nos vœux confus la douceur puérile - De cheminer loin des femmes et des hommes, - Dans le frais oubli de ce qui nous exile. - Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles - Éprises de rien et de tout étonnées, - Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles - Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.

    Jadis et naguère - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air - Qui riait aux aïeux dans les dessus de portes ; - Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas ! est morte, - Et son spectre aujourd'hui nous hante, mince et clair. - Et voici que parmi l'effroi d'un long éclair - Sa pâle blouse a l'air, au vent froid qui l'emporte, - D'un linceul, et sa bouche est béante, de sorte - Qu'il semble hurler sous les morsures du ver.

    Dans les limbes - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Dernière était au coin de la basse maison - Tout rouge -- la tuile et la brique y fourmillent - (Vis-à-vis le gazon bordé de camomille) - Qui sert de local à des services divers. - Là l'heure ayant sonné de son timbre pervers, - Nous enjoignant de nous séparer tout de suite, - Hélas ! avant qu'hélas !

    Fêtes galantes - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Votre âme est un paysage choisi - Que vont charmants masques et bergamasques, - Jouant du luth et dansant et quasi - Tristes sous leurs déguisements fantasques. - Tout en chantant sur le mode mineur - L'amour vainqueur et la vie opportune, - Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur - Et leur chanson se mêle au clair de lune, - Au calme clair de lune triste et beau, - Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres - Et sangloter d'extase les jets d'eau, - Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

    Amour - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    UN VEUF PARLE : Je vois un groupe sur la mer.- Quelle mer ? Celle de mes larmes. - Mes yeux mouillés du vent amer - Dans cette nuit d'ombre et d'alarmes - Sont deux étoiles sur la mer. - C'est une toute jeune femme - Et son enfant déjà tout grand - Dans une barque où (ou) nul ne rame, - Sans mât ni voile, en plein courant... - Un jeune garçon, une femme ! - En plein courant dans l'ouragan ! - L'enfant se cramponne à sa mère - Qui ne sait plus où, non plus qu'en ..., - Ni plus rien, et qui, folle, espère - En le courant, en l'ouragan.

    Élégies - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    A mon âge, je sais, il faut rester tranquille, - Dételer, cultiver l'art, peut-être imbécile, - D'être un bourgeois, poète honnête et chaste époux,A moins que de plonger, sevré de tout dégoût, - Dans la crapule des célibats innomables.

    Louise Leclercq - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Il n y a guère de mélancolie plus épaisse, de tristesse plus lourde que la pensée de vivre dans ces énormes maisons de plâtre, à cinq et six étages, avec leurs innombrables volets gris, comme des poitrines de squelettes à plat sur le blanc sale du mur, de l'ancienne banlieue parisienne. Je parle plus spécialement des quartiers paisibles, honnêtes, où la bâtisse a prospéré grâce aux locataires bons payeurs, où ont pu se former de très longues rues sans air et sans soleil.

    Bonheur - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Après la chose faite, après le coup porté - Après le joug très dur librement accepté, - Et le fardeau plus lourd que le ciel et la terre, - Levé d'un dos vraiment et gaîment volontaire, - Après la bonne haine et la chère rancœur, - Le rêve de tenir, implacable vainqueur, - Les ennemis du cœur et de l'âme et les autres ; - De voir couler des pleurs plus affreux que les nôtres - De leurs yeux dont on est le Moïse au rocher, - Tout ce train mis en fuite, et courez le chercher !

    Mes hôpitaux - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Moins facile, sinon moins courageuse la seconde épreuve supportée. Au palais duretcru, mais comme protecteur ont succédé des baraquements, sapin et briques, à l'instar, paraît-il, des hôpitaux volants américains. L'extérieur ressemble passablement à quelque abattoir, dedans c'est l'architecture d'une chapelle méthodiste ; il n'y manque que des citations de saint Paul sur écriteaux blancs accrochés aux murs de bois verni. On dirait aussi du kursaal d'une station balnéaire nouvellement installée. C'est deux jours après la Toussaint.

    Les mémoires d’un veuf - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    J'entreprends de décrire aussi minutieusement que possible quelques-uns de mes rêves de chaque nuit, ceux, bien entendu, qui m'en paraissent dignes par leur allure arrêtée ou par leur évolution dans une atmosphère quelque peu respirable à des gens réveillés. Je vois souvent Paris.. Jamais comme il est. C'est une ville inconnue, absurde et de tous aspects. Je l'entoure d'une rivière étroite très encaissée entre deux files d'arbres quelconques. Des toits rouges luisent entre des verdures très vertes.

    Odes en son honneur - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Tu fus une grande amoureuse - A ta façon, la seule bonne - Puisqu'elle est tienne et que personne - Plus que toi ne fut malheureuse - Après la crise de bonheur - Que tu portas avec honneur, - Oui, tu fus comme une héroïne, - Et maintenant tu vis, statue - Toujours belle sur la ruine - D'un espoir qui se perpétue - En dépit du Sort évident, - Mais tu persistes cependant.

    Sagesse - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    C'est la fête du blé, c'est la fête du pain - Aux chers lieux d'autrefois revus après ces choses ! - Tout bruit, la nature et l'homme, dans un bain - De lumière si blanc que les ombres sont roses. - L'or des pailles s'effondre au vol siffleur des faux - Dont l'éclair plonge, et va luire, et se réverbère. - La plaine, tout au loin couverte de travaux, - Change de face à chaque instant, gaie et sévère.

    Les poètes maudits - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Les Poètes maudits fut publié une première fois en 1884. Les commentaires éclairés de Paul Verlaine, qui fréquentait personnellement ces auteurs, se ponctuent d'anecdotes de première main. Dans ce texte, il écrit à propos de 6 auteurs qu'il estime talentueux, mais qui n'ont pas été reconnus à leur juste valeur (Tristan Corbière, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé, Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l’Isle-Adam et Pauvre Lelian). Extrait : Nous avons eu la joie de connaître Arthur Rimbaud.

    Poèmes saturniens - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Extrait : Dans ces temps fabuleux, les limbes de l'histoire, - Où les fils de Raghû, beaux de fard et de gloire, - Vers la Ganga régnaient leur règne étincelant, - Et, par l'intensité de leur vertu, troublant - Les Dieux et les Démons et Bhagavat lui-même, - Augustes, s'élevaient jusqu'au néant suprême, - Ah !

    Parallèlement - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Extrait : Un très vieux temple antique s'écroulant - Sur le sommet indécis d'un mont jaune, - Ainsi qu'un roi déchu pleurant son trône ; - Se mire, pâle, au tain d'un fleuve lent ; - Grâce endormie et regard somnolent, - Une naïde âgée, auprès d'une aulne, - Avec un brin de saule agace un faune - Qui lui sourit, bucolique et galant. - Sujet naïf et fade qui m'attristes, - Dis, quel poète entre tous les artistes, - Quel ouvrier morose t'opéra, - Tapisserie usée et surannée, - Banale comme un décor d'opéra, - Factice, hélas ! comme ma destinée ?

    Chansons pour elle - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Que ton âme soit blanche ou noire, - Que fait ? Ta peau de jeune ivoire - Est rose et blanche et jaune un peu. - Elle sent bon, ta chair, perverse - Ou non, que fait ? puisqu'elle berce - La mienne de chair, nom de Dieu ! - Elle la berce, ma chair folle, - Ta folle de chair, ma parole - La plus sacrée ! --- et que donc bien ! - Et la mienne, grâce à la tienne, - Quelque réserve qui la tienne, - Elle s'en donne, nom d'un chien ! - Quant à nos âmes, dis, Madame, - Tu sais, mon âme et puis ton âme, - Nous en moquons-nous ? Que non pas !

    Liturgies intimes - Verlaine, Paul - Bibebook cover

    Moi qui ne suis qu'un brin d'hysope dans la main - Du Seigneur tout-puissant qui m'octroya la grâce, - Je puis, si mon dessein est pur devant sa face, - Purifier autrui passant sur mon chemin. - Je puis, si ma prière est de celles qu'allège - L'Humilité du poids d'un désir languissant - Comme un païen peut baptiser en cas pressant, - Laver mon prochain, le blanchir plus que la neige. - Prenez pitié de moi, Seigneur, suivant l'effet - Miséricordieux de vos mansuétudes, - Veuillez bander mon cœur, cœur aux épreuves rudes.